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Israël veut mettre l’Afrique dans sa poche

Israël veut mettre l’Afrique dans sa poche

Invité à Monrovia, au 51e sommet africain de la Cédéao consacré à la sécurité régionale et à la lutte contre le terrorisme, le 4 juin 2017, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, prépare pour octobre 2017 le premier sommet Israël–Afrique.

« Je crois en l’Afrique, à son potentiel et à sa force. Notre relation avec l’Afrique est une priorité absolue », a déclaré le premier ministre israélien, invité “surprise” du sommet des chefs d’États africains de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), se tenant à Monrovia (Liberia). La réussite agricole et technologique d’Israël fascine également les États africains qui rêvent d’une émergence accélérée. Le Premier ministre israélien a annoncé « le retour d’Israël en Afrique » et proposé la création d’une coalition forte avec le continent pour lutter contre le terrorisme.

Le retour d’Israël sur la scène africaine a été amorcé en juillet 2016 avec la visite de Benjamin Netanyahu dans quatre pays d’Afrique de l’Est : le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda et l’Ethiopie.

Le savoir-faire israélien, dans le domaine militaire mais également dans l’agriculture et les hautes technologies, intéresse bon nombre de pays africains. Israël (à l’instar de la Chine, la France, l’Inde et bien d’autres) avance ses pions dans une Afrique perçue comme une terre d’avenir et la dernière frontière de la croissance mondiale. Bien que ses échanges économiques avec le continent restent modestes, Israël souhaite exporter ses compétences agricoles et technologiques. L’État hébreu va ainsi construire une centrale solaire qui fournira 25% des besoins d’énergie du Libéria. Il est, en outre, intéressé par les ventes d’armes et l’achat de diamants.


Cet intérêt n’est ni récent ni désintéressé

Israël, c’est 50,ans de relations avec le continent Africain, 11 missions diplomatiques sur place, 35 % des ventes d’armes israéliennes et des liens diplomatiques étroits avec 40 pays africains. Ainsi, le président rwandais déclarait en mars dernier que « le Rwanda était, sans conteste, un ami d’Israël (…) ayant le droit d’exister et de s’épanouir comme membre à part entière de la communauté internationale ».


Secteur privé, innovation, aide militaire , agriculture, Israël prendra tout !

Selon le chercheur béninois Maurice Mahounon, spécialiste des relations internationales, « L’État hébreux est un des rares pays au monde entouré de voisins hostiles. C’est compliqué quand on veut être une puissance. À travers ce sommet, Israël veut compenser ce handicap et ne plus se sentir isolé ».

L’exacerbation des problèmes économiques d’une part, les préoccupations sécuritaires de l’autre, constituent les évolutions majeures du continent, rendant certains pays africains sensibles à l’offensive diplomatique israélienne. Selon cette même diplomatie israélienne, la Palestine et le Maroc feraient, par ailleurs, pression sur les leaders africains afin que ces derniers boycottent ce sommet israélo-africain.

L’afrique peut-elle réellement compter sur un allié tel qu’Israël? Peut-elle oublier le sort des milliers d’africains parqués dans les camps de détention de Holot dans le désert de Nèguev ? L’avenir le dira…

 

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Lina