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Georgetown University et son passé esclavagiste

Georgetown University et son passé esclavagiste

Fondée en 1789, l’université américaine de Georgetown à Washington, D.C. est l’institution privée Catholique et Jésuite la plus ancienne des États-Unis.

 

En 1838, 272 esclaves des plantations du Maryland furent vendus par deux anciens présidents jésuites de l’établissement, à destination de Louisiane, pour un montant total de 3,3 millions de dollars américains actuels. 500,000 dollars furent notamment utilisés pour rembourser les dettes de l’université qui est actuellement doté d’un capital estimé à 1,45 milliard de dollars.

L'arrière grand-père de Rochell Sanders Prater faisait partie des esclaves vendus par des prêtres jésuites pour maintenir la situation financière de Georgetown University - Crédit Photo : Andrew Spear

L’arrière grand-père de Rochell Sanders Prater faisait partie des esclaves vendus par des prêtres jésuites pour maintenir la situation financière de Georgetown University – Crédit Photo : Andrew Spear/NY Times

Le 1er septembre 2016, John J. DeGioia, actuel président de Georgetown University, a pris la parole pour reconnaître le passé esclavagiste regrettable de son institution, annoncer la création d’une cellule dédiée à l’étude de l’esclavage ainsi que la construction d’un monument commémoratif en hommage à ces anciens esclaves qui ont contribué à la fondation de l’établissement et au remboursement de ses dettes.

D’autres grandes universités américaines telles qu’Harvard, Brown ou encore l’Université de Virginie, ont également reconnu leur tort concernant leur passé esclavagiste, bien qu’aucune d’entre elles n’ait mis en place un système d’admission avantageux pour les descendants de ces anciens esclaves.

Joe Stewart, descendant des ‘272’, présent lors du discours de John J. DeGioia, souhaite que ces confrères descendants et lui-même puissent intégrer « the Institute for the Study of Slavery and its Legacies », en charge de l’étude de leurs ancêtres ayant joué un rôle inestimable pour l’université : « Our attitude is nothing about us, without us. »

Karren Harper Royal, autre descendante des ‘272’, aurait aimé que Georgetown leur accorde des bourses scolaires et que le président actuel de l’université les invite de manière formelle à ce fameux discours du 1er septembre 2016 : « They’re calling us family. Well, I’m from New Orleans and when we have a gathering, family’s invited. »

Selon le Professeur Wilder du Massachusetts Institute of Technology, le projet de John J. DeGioia est beaucoup plus poussé que celui de ces homologues universitaires et devrait être bénéfique pour les descendants de ces héros oubliés.

Affaire à suivre…

Karran Harper Royal, au milieu, descendante des esclaves vendus au profit de Georgetown University, présente au discours de John J. DeGioia - Crédit Photo : Gabriella Demczuk

Karran Harper Royal, au milieu, descendante des esclaves vendus au profit de Georgetown University, présente au discours de John J. DeGioia – Crédit Photo : Gabriella Demczuk/NY Times

A propos de l'auteur

herbby

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Lui c’est Herbby, le Pourfendeur de la faute d’orthographe, le Technicien de la linguistique, notre Maître Capello 3.0 ! Inconditionnel fan de Spike Lee, féru de photographie, ce savant fou à l’allure d’enfant sage est à notre équipe ce que le Jazz est à la musique classique. Afro-optimiste dans l’âme, son style atypique mais surtout sa sagacité sont définitivement des atouts ByUs.