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Affaire Théo: Un policier dénonce les dérives de ses collègues d’Aulnay

Affaire Théo: Un policier dénonce les dérives de ses collègues d’Aulnay

C’est dans le cadre d’un témoignage accordé au média Mediapart qu’un policier d’Aulnay-sous-Bois déclare anonymement que ses collègues s’imaginaient être « les maîtres de la rue« .

À peine un mois après l’agression et le début de l’affaire Théo Luhaka, ce jeune éducateur de la ville d’Aulnay-sous-bois (93) victime d’un viol après une interpellation à la matraque musclée, un policier a décidé de s’exprimer de manière anonyme et ainsi révéler quelques vérités.

« J’ai honte de travailler à Aulnay », affirme ce fonctionnaire, dont une partie des collègues disent être «écœurés, dégoûtés par ce qui s’est passé». Mais ce n’est pas tout, alors que certains policiers, médias et individus tente de discréditer la véracité des propos de Théo, ce policier vient apporter un témoignage qui ne fera que remettre en question la version des 4 policiers mis en examen qui déclarent un « acte involontaire ».

«J’ai vu et entendu des officiers de police judiciaire passer leur temps à leur dire d’y aller moins fort. C’étaient vraiment des habitués. Dès qu’ils sortaient du commissariat et qu’il n’y avait plus d’autorité derrière eux, ils s’imaginaient être les maîtres dans la rue. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, quoi ! Le plus vieux, il n’avait que sept ans de police. On les a un peu lâchés dans la nature (…) Ils aiment se battre, casser des gens. C’étaient toujours les premiers à se ruer dans les cellules lorsqu’un gardé à vue pétait un plomb ou se rebellait. L’un d’eux, un brigadier, était particulièrement violent. Je l’ai vu avoir des gestes déplacés au poste, menacer des hommes menottés au banc : ‘‘Toi, on va t’éclater !” Et, à chaque fois que des jeunes se plaignaient, c’était cette équipe-là. ».

Ce policier invite par la suite chaque personne victime de violence policière à porter plainte: « Peut-être que la première fois, cela n’aboutira pas, ni même la seconde. N’empêche que les signalements figureront dans les dossiers des collègues. Cela finira par alerter la hiérarchie. Des enquêtes seront menées. Les jeunes doivent nous aider à faire le ménage ! »

Ces déclarations viennent s’ajouter à ceux de Mohamed K., qui avait également accusé de violences l’un des policiers mis en examen pour l’interpellation presque meurtrière de Théo. «Ils m’ont frappé, traité de «sale noir» jusqu’à ce que je finisse au sol», insistait ce jeune homme.

>> Voir aussi: Le magnifique geste de soutien de Kery James envers Théo, victime de violences policières

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Enaiiro

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