ByUs Media

L'invisible rendu visible

30 OCTOBRE 1974 : ALI « BOMA YÉ » ENTRE DANS LA LÉGENDE…

30 OCTOBRE 1974 :  ALI « BOMA YÉ » ENTRE DANS LA LÉGENDE…

1974 :  Muhammad Ali sait que la reconquête de la ceinture mondiale passe par le désormais célèbre « Rumble in the Jungle », le combat qui doit l’opposer à George Foreman pour le titre de champion du monde poids lourds de boxe anglaise.

 

Ce combat organisé par Don King, se déroule le 30 octobre 1974 dans le stade ‘Tata-Raphaël’ à Kinshasa et a été rendu possible grâce aux 5 millions de dollars offerts au champion et au challenger par le président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, qui souhaitait ainsi faire la promotion de son pays.

 

Ali boxe avec les mots

Connu pour ses sorties, celui qui vole comme un papillon et pique comme une abeille sait qu’il joue là le combat de sa vie. Et c’est comme pour se convaincre de son inévitable destinée qu’il lance cette punchline devenue légendaire : « J’ai lutté avec un alligator, je me suis battu avec une baleine, j’ai passé les menottes à un éclair et emprisonné la foudre. La semaine dernière encore, j’ai tué un rocher, blessé une pierre, fait hospitaliser une brique. Je suis si méchant que je rends la médecine malade. Je suis méchant. » ou encore « Je suis si rapide que la nuit derrière, j’ai éteint la lumière dans ma chambre d’hôtel. J’étais dans mon lit avant que la pièce soit plongée dans l’obscurité. Je suis rapide. »

Ce 30 octobre 1974, la tension est à son comble ! Angelo Dandee, l’entraîneur d’Ali croit en celui-ci mais le passif de Foreman, n’est pas pour le rassurer. « The Rumble in the jungle » est le combat du siècle, il est censé rendre ses lettres de noblesse à un Muhammad Ali, fauché au sommet de son art, en 1967, après avoir refusé de rejoindre les forces armées envoyées au Vietnam. Suspendu puis déchu de son titre, Ali n’obtiendra gain de cause auprès de la Cour suprême américaine qu’en 1971…

 

13342212_10209592614842247_425049407_n

Plus déterminé que jamais

Certes, Muhammad Ali perd aux points face à Joe Frazier, le 8 mars 1971 au Madison Square Garden, à New York, après être allé au tapis pour la première fois de sa carrière sur un crochet gauche mémorable de « Smokin’ Joe » dont c’était la grande spécialité, mais il est déterminé à récupérer son titre de champion du monde des poids lourds.

Pour rappel George Foreman, contre lequel Ali doit combattre le 30 octobre 1974, est celui qui, plus d’un an avant, soit le 22 janvier 1973, mettait Frazier au tapis en deux rounds à Kingston en Jamaïque. C’est ce même Frazier qu’Ali affrontera un an plus tard, soit le 28 janvier 1974 et vaincra par une victoire aux points.

 

Kinshasa la Belle séduite par Ali le Magnifique

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, un certain Mobutu, alors président du Zaïre, répond favorablement à la sollicitation de Don King, chargé d’organiser ce combat hors norme opposant Ali et Foreman. En effet, Don King voit grand mais n’a pas un sous en poche, il faut donc trouver des fonds. Mobutu en bon stratège, perçoit immédiatement la portée d’un tel événement, conscient qu’un combat de cette envergure restera gravé dans les annales. Le contexte politique ambiant fait écho au mouvement des droits civiques des années 50-60. La Fierté Noire est désormais internationale !

Une fois à Kinshasa, la capitale du Zaïre, les deux boxeurs ne bénéficient pas du même accueil. Le peuple trouve Foreman arrogant et lui préfère Ali, salué pour son humilité et sa bonne humeur. Les zaïrois prennent fait et cause pour celui que le système a tenté de broyer : « Ali, boma yé ! » (Ali, tue-le !). Ce sera désormais le leitmotiv.

À noter que James Brown, BB King et Manu Dibango sont aussi présents dans le cadre d’un festival de la musique.

 

Ali « Boma yé » ou la naissance d’un légende

13393034_10209592609082103_658430357_nLe combat initialement prévu pour 25 septembre, est reporté après que Foreman se soit blessé à l’arcade lors d’un entrainement.

Ce 30 octobre 1974, jour J, malgré un peuple favorable à Ali, la tension est à son comble. En effet, Ali alors âgé de 32 ans a fatalement perdu de sa superbe. Foreman, lui est un colosse dans la fleur de l’âge, une force de la nature. Sa spécialité ? Acculer son adversaire dans les cordes.

Pour l’opinion, Ali n’a aucune chance mais c’est sans compter sur le moral d’acier et la ténacité de ce dernier qui, lors des entraînements, a passé de longues séances à se faire pilonner le corps par son sparring-partner, Larry Holmes, qui deviendra, plus tard lui aussi champion du monde. Ali a donc un plan : conduire Foreman à l’épuisement.

 

Sa botte secrète ? Le « Rope A Dope » style !

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, Foreman est loin d’être serein mais reste fidèle à sa technique de jeu. Il coince Ali dans les cordes et cogne sans interruption. Angelo Dundee, dont l’état de nervosité est plus que palpable, hurle à Ali de sortir des cordes. Ali, lui nargue encore et encore son adversaire :

« C’est tout ce que tu as, George ? Tu cognes comme une fillette ! »

Ali esquive, résiste, vole, pique, Foreman s’essouffle. Huitième round : Foreman s’effondre devant une foule en délire. Muhammad Ali est sacré champion du monde des poids lourds pour la deuxième fois et demeure jusqu’à ce jour, le seul après Floyd Patterson, à retrouver une ceinture perdue.

Muhammad Ali vient d’entrer dans la légende ce 30 octobre 1974 !

 

A propos de l'auteur

Syonou NatesS'Able

Syonou NatesS'Able